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病: le caractère chinois de la maladie

Dernière mise à jour : févr. 13

Pour le connaisseur de la langue chinoise, la familiarité avec les caractères ouvre une porte sur la compréhension des mots, voire d’avantage. Pour le profane, l’idéograme reste un mystère, un grimoire, un amalgame de traits. Et pourtant, il suffit de peu de temps pour s’imprégner d’un caractère et saisir, ce qui à la base, a forgé son développement et lui procure son sens.


En ce qui concerne le domaine de la médecine chinoise, pour un premier caractère, il me paraît utile de commencer par s’intéresser par celui désignant la maladie, , prononcé [bìng]. Ce caractère est en fait composé de deux radicaux: une clé et un radical . Une clé est un élément graphique d'un sinogramme comportant un sens, de telle sorte que chaque idéograme comportant cette clé partage un même champ sémantique. La clé est une caractéristique importante en langue chinoise puisqu’elle permet de classer les mots. C’est par elle que s’effectue des recherches dans un dictionnaire.


La clé [nì] est le composant de la plus part des maladies écrites en chinois (瘾, 疮, 疮,疳, etc). Formée d’un point supérieur sur un trait horizontal, auquel est additionné un trait courbé à gauche avec deux traits en virgules, dirigé dans un sens opposé. Une ancienne version de ce sinograme, certainement plus explicite, réunissait deux radicaux: une planche de bois coupé , provenant du sinograme du bois , où le trait central désigne le tronc de l’arbre, le trait horizontal ses branches, et les deux traits vers le bas ses racines; et l’homme (comme un grossier accent circonflexe, auparavant contenant un trait horizontal au milieu, désignant les bras, et un rond au-dessus, marquant la tête). Avec un peu d’imagination, on devine l’aplatissement de l’homme dans la clé (le trait supérieur surmonté du point), ainsi que la simplification de la planche de bois par un trait léger doté de deux points. La clé apporte le sens à l’idéograme, la partie phonétique est acquise grace au radical [bǐng].


Conduit par une logique indéniable et surmonté d’un point de vue artistique, la langue écrite chinoise aboutit à ce terme qui désigne la maladie, la défectuosité, le dommage, l’affliction.


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